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Trésoreries des entreprises : matelas de cash suffisant face à l’inflation ?

Si les trésoreries des entreprises françaises semblent en bonne santé financière après la pandémie, leurs matelas de trésorerie commencent à diminuer fortement. Face à l’inflation, leur besoin en fonds de roulement s’accroît, et les voici confrontées à un risque d’endettement.
Quel est le poids de l’inflation sur les liquidités et les dettes des entreprises ?
Selon Maxime Lemerle, qui supervise les études sur les défaillances chez Allianz Trade, une division du groupe Allianz spécialisée dans l’assurance-crédit, la santé financière des entreprises cotées en bourse était considérée jusqu’à cet été comme plutôt bonne avec « un niveau de cash exceptionnel », malgré l’environnement économique (inflation, guerre en Ukraine…). Un niveau de trésorerie qui s’explique en partie par les bénéfices générés par les entreprises suite à la pandémie de Covid 19.
Au-delà de la performance globale de ces entreprises, explique Maxime Lemerle, « nous avons voulu voir si tout cela n’était pas qu’un leurre et si les premiers signaux d’une dégradation financière de ces sociétés cotées n’étaient pas présents. » Dans les détails, cette étude* ne prend pas en compte les nouvelles perspectives qui font surface après l’été avec les révisions des analystes. En effet, les États-Unis ont connu l’inflation avant l’Europe. Néanmoins, aujourd’hui, les entreprises exportatrices américaines souffrent de la hausse du dollar.
Des trésoreries dans le vert, oui, mais jusqu’à quand ?
Selon l’étude, si les entreprises ont généré un matelas de cash, ces grandes quantités de liquidités ont tendance à baisser. Même si elles avaient dépassé les niveaux de 30 % en Europe et de 50 % aux États-Unis au deuxième trimestre 2022, les réserves de liquidités ont reculé. Effectivement, la majorité des entreprises, tant aux États-Unis qu’en Europe, ont dépensé des liquidités au cours de l’année. Chaque phase de croissance nécessite désormais beaucoup de liquidités, selon Maxime Lemerle. Il affirme que les entreprises consomment plus d’argent qu’elles n’en produisent.
L’augmentation des besoins en fonds de roulement induite par les effets des perturbations sur la chaîne d’approvisionnement sur les stocks et la hausse des prix intrants, expliquent une partie de l’accélération de la consommation de trésorerie.
Trésoreries et augmentation du BFR
Un élément majeur de l’étude concerne l’augmentation des besoins en fonds de roulement des entreprises face à l’inflation. En effet, il a augmenté de 10 jours supplémentaires pour atteindre 64 jours en Europe et de 10 jours supplémentaires pour atteindre 53 jours en France. Par ailleurs, une hausse des taux d’intérêt entraîne une augmentation des charges d’intérêt. C’est notamment le cas Européen (+ 20 % en tenant compte de la variation de la dette à long terme).
La question primordiale du refinancement des entreprises est induite par la hausse des taux d’intérêt et de l‘endettement bancaire. Il est difficile d’accéder au crédit.
En outre, lorsque les taux d’intérêt augmentent, les dépenses d’intérêt s’accélèrent aussi. L’étude démontre que si le BFR est le principal responsable de la hausse des charges d’intérêts en Europe, ce n’est pas le cas aux États-Unis. Aux USA, elle est notamment causée par une augmentation de la dette à long terme.
Selon Maxime Lemerle, « Les DAF doivent avoir un niveau d’analyse très précis et établir une cartographie des risques de leurs portefeuilles clients. ». Ce challenge parait encore plus important pour les entreprises du secteur de l’énergie, du textile ou de la distribution.
Comment envisager les choses à plus ou moins long terme ?
« En raison de la grande diversité des situations politiques, financières et sectorielles, il est difficile de faire des prévisions. Mais retenons que la pandémie a démontré que les entreprises ont su faire preuve d’une très forte réactivité pour passer le cap », conclut l’expert d’Allianz Trade.
* Etude « Double trouble ? Inflation means less cash and more debt forcompanies » parue en septembre 2022 d’Allianz Trade.
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