Le financement par fonds propres pour favoriser la croissance, la durabilité et la résilience des PME et ETI
Dans un contexte économique instable, l’obtention de financements s’avère être à la fois un objectif crucial et un défi majeur pour les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Le recours au financement par capitaux propres émerge comme une option attrayante par rapport à l’emprunt bancaire devenu à la fois onéreux et difficile à obtenir.
Un écart de plus en plus large entre les PME/ETI et les grandes entreprises
Selon une récente analyse de la Banque de France concernant l’évaluation des risques du système financier français, il a été observé une augmentation plus significative des prêts bancaires accordés aux grandes entreprises par rapport aux PME et aux ETI. À la fin de mars 2023, la croissance en glissement annuel s’est élevée à +13,2 % pour les grandes entreprises, tandis qu’elle était respectivement de +5,0 % et +5,6 % pour les PME et les ETI.
De plus, les petites et moyennes entreprises (PME) rencontrent des difficultés à obtenir un financement externe autre que celui fourni par les banques, car environ 85 % de leur dette provient de crédits bancaires. En contraste, les grandes entreprises dépendent moins des emprunts bancaires, avec seulement 70 % de leur endettement provenant d’obligations. Cette situation permet aux grandes entreprises d’avoir une plus grande flexibilité pour diversifier leurs sources de financement, étant moins contraintes par les ratios d’endettement bancaire.
Les petites et moyennes entreprises (PME) sont plus fortement impactées par la hausse des taux d’intérêt par rapport aux grandes entreprises. Les écarts entre les taux moyens de financement des PME et des grandes entreprises ont ainsi augmenté de 17 points de base en décembre 2021 à 151 points de base en mars 2023.
Les grandes entreprises quant à elles, continuent de profiter de taux d’intérêt réels négatifs, tandis que les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) font face à des taux réels positifs. En mars 2023, les anticipations d’inflation à 3-5 ans des chefs d’entreprise s’établissent à 3 %, alors que les grandes entreprises se financent à un taux de 2,57 %, comparativement à 3,36 % pour les PME (hors TPE) et à 3,12 % pour les ETI.
PME et ETI : Des solutions de financements par fonds propres devenues préférables
Contrairement à l’endettement financier, cette approche pourrait présenter une solution plus économique et accessible, facilitant ainsi la réaffectation plus aisée des bénéfices.
Les fonds propres présentent plusieurs avantages par rapport à la dette financière. En premier lieu, contrairement à la dette bancaire qui engendre des charges financières et des remboursements réguliers, le coût des fonds propres est variable et évolue en fonction des performances de l’entreprise. De plus, ils offrent une flexibilité accrue en termes de décaissement, permettant un choix entre le versement des dividendes et les charges financières associées à la dette. Les investisseurs parient sur la durabilité de l’entreprise et acceptent un retour sur investissement à moyen ou long terme.
Par ailleurs, le financement par fonds propres peut accélérer et faciliter le potentiel de croissance de l’entreprise en permettant la direction et le financement de projets innovants ou de développement.
Comment accéder à des fonds propres ?
Pour obtenir des fonds propres, les entreprises doivent gagner la confiance des investisseurs, qu’ils soient privés ou, dans certains cas, publics. Cela implique pour elles de démontrer leur résilience ainsi que leur aptitude à innover et à croître, même dans un contexte d’incertitude économique.
Selon une étude Xerfi publiée en novembre 2023, seulement deux filiales de banques françaises figurent parmi les douze principaux acteurs du capital-investissement en France. La Banque Publique d’Investissement (BPI) se classe également parmi eux, soutenant chaque année environ 30 % des montants investis en France en capital amorçage (« seed ») et en capital risque. Elle facilite également les rencontres entre les entreprises innovantes et les investisseurs.
En raison du coût élevé des fonds privés, l’État doit continuer à renforcer son rôle en tant qu’acteur majeur du développement du capital-risque en élargissant les dispositifs ou véhicules déjà en place. Plusieurs fonds publics existent dans le but de faciliter l’accès au financement des entreprises en prenant des participations dans leur capital, bien que leur connaissance reste relativement limitée. Parmi ces exemples, on retrouve le Fonds pour l’Accélération du Capital Investissement (FACI), le Fonds National d’Amorçage (FNA), le Fonds pour la Société Numérique (FSN) ou encore le Fonds pour l’Innovation et l’Industrie (F2i).
Actuellement, la plupart des investissements en fonds propres sont réalisés par les Fonds Communs de Placement à Risque (FCPR), les Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI) et les sociétés de capital-risque (SCR). Selon le baromètre EY sur le bilan du capital risque en France en 2023, la majorité des investisseurs dans le Top 5 en France demeurent des fonds privés, avec seulement quelques banques présentes dans ce classement. Les principaux souscripteurs participant aux levées de fonds en capital investissement en France incluent les fonds de fonds, les compagnies d’assurances, les caisses de retraite, les « Family offices », et, dans une moindre mesure, les industriels et les banques.
Ces institutions bancaires démontrent une robustesse financière solide, suggérant qu’elles pourraient jouer un rôle plus significatif dans cette dynamique. En effet, les ratios de solvabilité des six principaux groupes bancaires français dépassent largement les exigences réglementaires, avec un ratio de fonds propres de catégorie 1 (CET1) excédant de 567 points de base les normes réglementaires, enregistrant une augmentation de 70 points de base sur une année. Leur engagement dans le capital des PME et des ETI pourrait contribuer à renforcer les fonds propres de ces entreprises, stimulant ainsi leur croissance. Cependant, évaluer ces prérequis tels que la solidité financière, la performance, la croissance, la direction, le modèle d’affaires, reste plus complexe en période d’incertitude.
Les fonds propres, en conclusion
Dans le contexte économique et géopolitique actuel, qui semble perdurer, les fonds propres se révèlent être un levier de croissance essentiel pour les PME et les ETI. Ils représentent une option plus abordable et accessible que la dette financière. Les investisseurs privés, publics et les banques doivent collaborer pour créer un environnement favorable à la croissance et à la résilience économique. En retour, les entreprises, à la recherche de financement, doivent prouver leur capacité à innover dans leur modèle économique, à se structurer et à maintenir le cap malgré l’incertitude.
L’équipe NOVANCES Gestion Finances
Le DAF doit-il être responsable de la stratégie RSE de l’entreprise ?
Uniquement 7% des sociétés en France attribuent la direction stratégique des initiatives durables à leur directeur financier. Pourtant, plus de 36% d’entre elles reconnaissent les problèmes de financement comme l’une des cinq principales entraves aux initiatives durables.
Pour quelle raison le directeur administratif et financier (DAF) devrait-il être chargé de la durabilité de son entreprise ? Alors que 13% des entreprises françaises affirment que leurs initiatives environnementales ont déjà des retombées positives sur leurs revenus et opportunités de profit, seulement 12% d’entre elles ont spécifiquement désigné le directeur financier, pourtant crucial à la stratégie d’investissement, comme le responsable de ces initiatives.
Seulement 7% des entreprises confient à leur DAF la responsabilité RSE
En dépit de la corrélation entre les initiatives environnementales et l’accroissement des bénéfices à long terme, les entreprises françaises n’intègrent que peu les directeurs financiers dans leur stratégie environnementale. Actuellement, seuls 7% des entreprises confient la direction stratégique des actions durables à leur directeur financier.
Cette responsabilité est plutôt confiée à d’autres responsables, tels que le PDG (24%), le Conseil d’Administration (22%), les Directeurs des Opérations (11%) et les Directeurs des risques (10%). Jusqu’à 36% des entreprises françaises identifient les problèmes de financement comme l’un des cinq principaux obstacles aux initiatives durables, tandis que 15% peinent à obtenir le soutien des principaux décideurs pour établir des mesures. Un accroissement des responsabilités du directeur financier pourrait pourtant remédier à cette situation.
Les initiatives durables : réelles opportunités financières ou charges supplémentaires ?
Bien que 87% des chefs d’entreprise français aient l’intention de maintenir ou d’accroître leurs investissements dans des initiatives durables d’ici à 2026 pour améliorer leurs rendements économiques, les entreprises françaises persistent à ériger des obstacles à cette avancée. Ainsi, 41% d’entre elles estiment éprouver des difficultés à évaluer leur retour sur investissement.
Cependant, un changement de perspective commence à s’observer. Les initiatives durables, autrefois perçues comme des obligations morales ou éthiques sont désormais considérées par les entreprises françaises comme des opportunités financières à long terme. En effet, 34% d’entre elles déclarent que les opportunités de revenus et de profit sont le principal moteur des investissements durables. Plus de la moitié des dirigeants (53%) anticipent un rendement financier positif sur leurs investissements au cours des cinq années à venir.
Bien que la gouvernance et la question du retour sur investissement des initiatives durables semblent constituer des obstacles, la difficulté de mesurer les émissions de gaz à effet de serre en est un autre. Ainsi, seulement 43% des entreprises sont capables de quantifier leurs émissions de gaz à effet de serre liées à leurs activités, et 12% d’entre elles ne parviennent pas à surveiller les émissions produites indirectement dans la chaîne d’approvisionnement.
L’équipe NOVANCES Gestion Finances
Facturation électronique : report de l’entrée en vigueur prévue en 2024
Le 28 juillet 2023, la DGFIP (Direction Générale des finances publiques) a annoncé le report de la réforme de la facturation électronique. Les nouvelles dates seront déterminées dans le cadre de la loi de finance 2024.
Un nouveau calendrier de déploiement.
Dans le but de moderniser les processus de facturation et de lutter contre la fraude fiscale, le gouvernement français avait prévu le déploiement de la réforme de la facturation électronique au 1er juillet 2024. Cependant, face aux préoccupations de nombreuses entreprises liées à la complexité de cette transition, le gouvernement a décidé d’accorder plus de temps aux entreprises afin de préparer au mieux cette révolution digitale.
Au-delà des appréhensions des entreprises, on peut aussi penser à un retard dans l’homologation des plateformes de dématérialisation partenaire (PDP), au fonctionnement élargi de portail public de facturation (PPF) ou encore à des questions techniques liées au fonctionnement entre plateformes.
Dès janvier 2024, est prévue l’expérimentation en conditions réelles du PPF. Parallèlement, Directive « VIDA » (VAT in the digital age), le projet de réforme de système de TVA du 8 décembre 2022, confirme la généralisation des obligations e-invoicing & e-reporting en Europe. De ce fait, une mise en œuvre harmonisée est prévue entre 2024 et 2028. Par ailleurs, un nouvel échéancier sera rendu public le 3 octobre 2023 par le projet de loi de finance 2024.
Focus sur le e-invoicing et e-reporting
La facturation électronique appelé aussi le « e-invoicing » est à distinguer de « e-reporting »
Le « e-invoicing », est une obligation d’émettre, transmettre et recevoir les factures sous format électronique, c’est à dire dématérialisée et comportant des données structurées.
Cette obligation concerne l’ensemble des opérations d’achats et de ventes de biens et/ou de prestations de services réalisées entre des entreprises établies en France (opérations dites domestiques) qui sont assujetties à la TVA.
Cette réforme met fin aux échanges interentreprises sans intermédiaire et évidemment la facture papier ou en format PDF envoyé par mail. Les factures et données seront transmises uniquement par la voie d’une plateforme dédiée et en respectant une forme électronique normée. La plateforme enverra ensuite une notification dès la réception de facture et ce pendant tout son cycle de vie.
Le « e-reporting », quant à lui, est l’obligation de transmission de données de transaction à l’administration fiscale. Toutes les entreprises assujetties à la TVA (qui sont établies en France) sont concernées par le e-reporting. Et ce lorsqu’elles réalisent des opérations avec des clients particuliers (toutes les transactions en B2C) ou avec des opérateurs étrangers (entreprises ou particuliers).
De la même manière que la facturation électronique (envoi et réception), le e-reporting sera réalisé par l’intermédiaire d’une plateforme selon une périodicité lié au régime d’imposition à la TVA.
Le non-respect des nouvelles obligations sera sanctionné par des amendes.
Explications sur les outils de facturation en entreprise
Afin de transmettre des factures entre entreprises et extraire les données pour communication à l’administration, les entreprises pourront librement choisir entre le portail public de facturation (PPF) version généralisée « chorus pro » et la plateforme de dématérialisation privée (PDP) dite » partenaire », immatriculée par l’administration fiscale.
Elles devront respecter un cahier des charges strict en matière de périmètre fonctionnel et de sécurité (norme ISO 27001 et hébergement SecNumCloud en particulier).
Le PPF, auparavant dédié au secteur public, proposera un socle de services gratuits afin de remplir ses obligations. Aussi, il gèrera l’annuaire central répertoriant le choix de plateforme de toutes les entreprises.
Quant aux entreprises qui auront besoin d’aide à la conversion des documents au format réglementé ou le rapprochement de factures/commandes, des offres de services seront proposées par les opérateurs de dématérialisation (OD).
Comment exploiter ce délai supplémentaire ?
Le changement sera donc radical et modifiera toutes les habitudes de travail.
De ce fait, la feuille de route doit intégrer les tâches suivantes :
– Cartographier l’ensemble des flux de factures,
– Identifier tous les cas d’usage et les processus de traitement associés pour déterminer les adaptations (légales, fonctionnelles et techniques) nécessaires,
– Vérifier la conformité de chaque flux, notamment les mentions obligatoires et la bonne application des règles TVA. De même, il sera nécessaire de faire un point sur l’ensemble des solutions existantes, les contrats avec les éditeurs de logiciels et prestataires composant votre écosystème comptable. Ensuite, une analyse de fonctionnalités du PPF et des offres des OD et PDP permettra de choisir la plateforme qui convient le mieux à votre structure et à vos besoins
Pour en savoir plus sur la facturation électronique, consultez notre article.
L’équipe NOVANCES Gestion Finances
Le DAF, expert de la gestion des risques
La transformation des entreprises, pour réussir, passe par une solide évaluation et maîtrise des risques. De par ses fonctions, le DAF a naturellement la capacité d’appréhender ce sujet complexe.
Les directions financières reconnaissent que la mise sous contrôle des risques représente pour elles un enjeu majeur. Dans un projet de transformation, tous les chantiers en cours doivent intégrer cet enjeu. Un DAF a naturellement une bonne capacité à appréhender la gestion des risques. En effet il est habitué, de par ses fonctions, à identifier et à gérer les risques.
Dans une étude Opinion Way de 2023 (Trends of Finance), les DAF interrogés affirment que les risques au sein de leur entreprise, sont sous contrôle. Les entreprises ont progressé sur ce sujet en termes de maturité. En effet ils donnent la note de 7,3/10 à leur entreprise pour la sécurisation de la data, ou 7,6/10 pour la gestion de la conformité. La maitrise du risque de défaillance clients obtient la note de 7,4/10.
Priorité à la Cybersécurité
Si les DAF ont l’habitude d’appréhender et de gérer les risques, il faut reconnaître que ceux-ci évoluent en permanence. En effet de nouveaux risques apparaissent, ou d’anciens risques peuvent resurgir. Tout va très vite et la gestion des risques ne connait pas de pause.
La cybersécurité est le principal risque cité par les DAF (77%) et des efforts particuliers doivent être portés à la sécurisation des datas.
Pour cela il est nécessaire de documenter et de processer la gestion des risques, avec la création d’une matrice des risques par exemple. Elle permet de les matérialiser et de les prioriser. Ce travail de documentation représente une charge de travail importante : au moins un ETP sur 1 mois, et nécessite la réalisation d’interviews internes, avec souvent l’intervention de prestataires externes.
Développer la culture de la gestion du risque
Les DAF ont compris que le travail sur la gestion des risques est à appréhender sous un angle positif. Il permet d’identifier les points forts de l’entreprise, et ses besoins pour le futur.
C’est pourquoi une majorité de DAF insistent sur l’importance de structurer et d’organiser la gestion des risques en interne. 72% des DAF interrogés pensent que gestion des risques doit être partagée dans l’entreprise. Pour 70% d’entre eux, il est nécessaire de développer dans l’entreprise une culture de la gestion des risques avec une forte dimension pédagogique. Ainsi chaque salarié peut s’approprier les risques qui le concernent et se responsabiliser. Ainsi des programmes de certification peuvent être mis en place pour les collaborateurs (les bons réflexes cyber par exemple).
Enfin, côté outils, si des investissements ont été faits ils ne sont pas prioritaires pour les directions financières. Sachant que l’humain reste au cœur de la gestion des risques et de la capacité de transformation des entreprises.
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L’équipe NOVANCES Gestion Finances
La facture électronique : un outil efficace pour optimiser la gestion financière de votre entreprise
La facture électronique (ou e-invoicing) est en train de devenir la norme dans de nombreux pays, et même une obligation dans certains d’entre eux. En France, à partir du 1er juillet 2024, cette pratique deviendra progressivement obligatoire. Au-delà des exigences réglementaires, la dématérialisation des factures et des processus de traitement offre de nombreux avantages. Elle permet de réduire les délais et les coûts de traitement des factures, de respecter les délais de paiement, de réduire les erreurs et les exceptions à gérer manuellement, de mieux piloter les flux de trésorerie, de garantir la conformité réglementaire, et bien d’autres encore. Dans cet article, nous allons détailler ces avantages.
De plus en plus de pays dans le monde imposent la facturation électronique. En France, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en mesure de recevoir des factures électroniques à partir du 1er juillet 2024.
Bien au-delà de cette obligation légale, cette réforme constitue une véritable opportunité pour les entreprises de booster leur transformation digitale. Elle peuvent aussi bénéficier de huit avantages majeurs.
Bénéficiez d’une gestion financière optimisée grâce à la réduction des délais de traitement des factures et aux gains d’efficacité
La facture électronique permet de réduire considérablement les délais de traitement des factures. Avec un processus manuel, les factures prennent en moyenne 19,4 jours pour être traitées. Une durée qui débute depuis la réception de la facture jusqu’au paiement, en passant par le processus d’approbation. En dématérialisant ce processus, le délai de paiement moyen peut être réduit jusqu’à 3,7 jours. Elle représente soit une réduction de près de 17 jours.
Malgré l’existence de solutions d’automatisation, de nombreuses entreprises doivent encore traiter manuellement entre 10 et 30 % de leurs factures entrantes.
Facture électronique : réduisez considérablement vos coûts de traitement des factures
La dématérialisation des factures présente un intérêt économique considérable. Un nouveau rapport d’Ardent Partner révèle que le coût moyen de traitement d’une facture en 2023 est de 10,18 dollars, tandis que certaines entreprises ayant digitalisé leurs processus ne dépensent que 3,12 dollars par facture. Au total, le coût de traitement des factures peut être réduit de 40 à 90 % en automatisant les processus de facturation électronique, que ce soit pour les factures sortantes ou entrantes.
Cette réduction des coûts s’explique par la suppression des coûts liés au processus papier (enveloppes, papier, mise sous pli, réception…), des frais postaux, ainsi que par une amélioration de la productivité des équipes comptables.
Facturation électronique : assurez le respect de vos délais de paiement
Les retards de paiement représentent 25 % des défaillances d’entreprise en France. Pour lutter contre ce fléau, la loi sur la Modernisation de l’Économie (LME) de 2008 a encadré les délais de paiement. Elle prévoit des sanctions administratives importantes en cas de non-respect des délais de paiement des factures fournisseurs (jusqu’à 2 millions d’euros pour une personne morale, et jusqu’à 4 millions d’euros en cas de récidive).
Malgré cela, le retard moyen de paiement constaté au deuxième trimestre 2022 par le cabinet Altares était de près de 12 jours. La Banque de France a commencé en 2022 à abaisser la note de risque de crédit des entreprises affichant des retards de paiement, avec des accélérations prévues en 2023.
La dématérialisation des factures permet une réduction des temps de traitement des factures, ce qui contribue au respect, voire à la réduction, des délais de paiement.
Facture électronique : diminution des erreurs et des exceptions
Le traitement manuel des factures peut souvent entraîner des erreurs de saisie. Cependant, la dématérialisation des factures permet une reconnaissance et une capture automatique des données, réduisant ainsi le nombre d’erreurs.
De plus, grâce aux avancées technologiques en intelligence artificielle et en apprentissage automatique, il est désormais possible de réaliser automatiquement le rapprochement entre les commandes (avec ou sans bon de commande) et les factures, ainsi que la gestion des exceptions. Cela signifie que la plupart des factures peuvent être validées sans intervention des équipes opérationnelles ou comptables, réduisant ainsi le nombre d’exceptions et les erreurs.
Optimisation du pilotage de la trésorerie et du besoin en fonds de roulement (BFR)
Les solutions d’automatisation du traitement des factures offrent aux directions financières une vue détaillée. Une vision en temps réel des factures et des dépenses est aussi possible. Cela est possible grâce à la centralisation et la fiabilisation des données. Cette vue détaillée permet un meilleur pilotage des budgets annuels. Mais également une gestion plus efficace de la trésorerie et une prévision plus précise du besoin en fonds de roulement (BFR).
Amélioration de la conformité règlementaire grâce à l’automatisation du traitement des factures
Les réglementations relatives aux impôts indirects, tels que la TVA, la TPS et les droits de douane et d’accise, varient d’un pays à l’autre et sont en constante évolution.
Pour les entreprises exerçant des activités dans plusieurs pays, la veille nécessaire pour se tenir informé des différentes réglementations peut être très chronophage. Dans ce cas, l’adoption d’une solution de facture électronique capable de répondre aux exigences de conformité à l’échelle mondiale est un véritable atout.
En outre, chaque facture traitée électroniquement est automatiquement stockée, ce qui facilite les audits, tant internes qu’externes.
Facture électronique : archivage électronique sécurisé
Lorsque toutes les factures sont traitées de manière électronique, elles sont automatiquement stockées. De plus, les documents associés sont archivés de manière électronique.
L’archivage électronique offre de nombreux avantages, notamment la centralisation de toutes les informations relatives aux factures en un seul endroit. Cette centralisation facilite la recherche et la récupération rapide des documents archivés, notamment dans le cadre d’audits internes ou externes.
En outre, l’archivage électronique présente d’autres avantages, tels que des coûts inférieurs à ceux de l’archivage papier. On peut aussi citer une diminution des risques de fraude, une garantie de sécurité. Enfin, une conservation de l’intégrité des données grâce à la signature numérique et à l’horodatage de chaque document.
Diminution de l’empreinte écologique de votre entreprise
La facture électronique permet de réduire l’utilisation du papier, ce qui contribue à la réduction de l’impact environnemental des entreprises. En effet, elle élimine ou réduit considérablement :
- le besoin d’abattre des arbres, de produire du papier.
- Ou encore d’utiliser de l’encre pour imprimer les factures,
- le coût CO2 lié au transport des factures d’une entreprise à une autre.
- De plus, elle diminue également la consommation d’énergie nécessaire à l’impression et au traitement des factures.
Faire le choix de la facture électronique pour votre entreprise peut donc contribuer à la préservation de l’environnement. Et même, elle réalise des économies significatives sur les coûts liés à l’impression et à la gestion des factures.
L’équipe Novances Gestion Finances
PGE : des remboursements étalés pour les PME et TPE
Le gouvernement a annoncé la prolongation jusqu’à la fin de l’année de l’accord permettant de répartir le remboursement des PGE sur dix ans. Il s’agit d’un accord conclu en 2022 entre le gouvernement, la Banque de France et les établissements bancaires. À ce jour, environ 260 entreprises en ont bénéficié.
PGE : modalités de remboursement précisées
Le gouvernement renforce son aide aux entreprises qui peinent à rembourser leurs prêts garantis. L’accord a été pris entre Bercy, les banques et la médiation du crédit. Il permet de prolonger le remboursement des prêts jusqu’à dix ans au lieu des six ans habituels. Une prolongation annoncée le mercredi 25 janvier 2023. Ce prolongement a été fait sous l’égide de la Banque de France.
Ce dispositif, initialement conclu pour un an le 19 janvier 2022, se poursuivra donc jusqu’au 31 décembre 2023. Selon un communiqué commun du ministère de l’Économie et des Finances, de la Banque de France et de la Fédération bancaire française (FBF), 260 entreprises ont pu « étaler leur PGE de 2 à 4 années supplémentaires par rapport à l’échéancier initial, avec maintien de la garantie de l’Etat », l’an dernier.
Un nombre de demandes peu élevé
Le programme s’adresse uniquement aux entreprises qui ont emprunté jusqu’à 50 000 euros dans le cadre du PGE. De plus, ces dernières doivent rencontrer des difficultés de remboursement. La médiation du crédit aura la charge de l’évaluation des dossiers. L’organisation, adossée à la Banque de France, déterminera ensuite s’il est possible ou non d’étaler les remboursements dans le temps sans augmenter le coût de la garantie.
Cependant, le système a du mal à convaincre les entreprises. 600 dossiers de restructuration ont été évalués par la médiation à ce jour. Soit moins de 0,1 % de l’ensemble des PGE accordés depuis avril 2020. Un chiffre très peu élevé. On estime en effet à 5 % le nombre d’entreprises rencontrant des difficultés de remboursement. Une estimation tirée des prévisions de la Banque de France.
Bercy rappelle que les 5 % représentent ce qui est prévu à long terme et de manière cumulative sur l’ensemble des prêts. Or, à ce stade, les inquiétudes détectées sont nettement inférieures à ce pourcentage. Ce faible niveau de demande pourrait également être attribué à la méconnaissance du système de médiation. Une plus grande promotion est donc nécessaire.
Les TPE et PME craignent que la demande de rééchelonnement du PGE ne dévalorise l’entreprise en question. En effet, celle-ci pourrait avoir plus de difficultés à trouver de nouveaux financements. Cette inquiétude est due au fait que la procédure aboutit à un défaut de paiement. En effet, elle est comparable à une restructuration de dette.
Un contexte tendu
Le gouvernement craint qu’au vu des circonstances actuelles, davantage d’entreprises souhaitent être aidées. Selon le communiqué de presse, « le contexte économique pour 2023, marqué par les conséquences de la crise énergétique, est susceptible d’entraîner des difficultés de trésorerie pour certaines entreprises. Par le renouvellement de cet accord de place pour l’année 2023, l’ensemble des acteurs impliqués s’engagent à accompagner les entreprises en difficulté effective de remboursement afin de trouver une solution appropriée à leur situation ».
Un tiers des prêts accordés, totalisant environ 143 milliards d’euros, ont déjà été remboursés, deux ans et demi après la mise en place du PGE. Les premiers remboursements ont commencé l’année dernière pour la plupart des quelque 685 000 entreprises qui en ont bénéficié.
L’Équipe NGF
Gestion de trésorerie : les entreprises se tournent vers les banques
Après s’être substantiellement financées sur les marchés en 2021, les entreprises ont recours aux banques, dont les taux sont à nouveau plus accessibles. Ainsi, les encours de crédits des grandes entreprises ont augmenté d’environ 20 % selon la Banque de France.
Une expansion saine
En dépit de la hausse des taux d’intérêt, les entreprises ont de plus en plus tendance à recourir aux prêts bancaires pour répondre à leurs besoins financiers. Selon les données publiées lundi par la Banque de France, l’encours des crédits aux entreprises en octobre a augmenté de 8,6 % en glissement annuel. Il était de 7,9 % en septembre. En octobre, elles ont été financées à un taux moyen de 2,5 %. Ce coût est supérieur de 32 points de base (pb) à celui du mois précédent.
François Mouriaux, directeur des statistiques monétaires et financières à la Banque de France constate, « une expansion saine ». Effectivement, il explique que « la croissance des crédits aux entreprises est très bien répartie ». Tant du côté des banques que du côté des entreprises.
Le crédit bancaire est privilégié par les grandes entreprises
La tendance est particulièrement sensible dans les grandes entreprises, où le recours au crédit bancaire a progressé de 19,9 % sur un an. Ce chiffre était de 15,2 % en septembre et de 15,5 % en août. Alors que ces grands groupes s’étaient largement financés en 2021 en s’endettant ou en émettant des titres sur le marché, il semblerait qu’ils soient en train de tourner la page.
Les écarts de coûts de financement se sont creusés. En effet, l’écart entre le financement sur les marchés et les prêts bancaires est passé de 171 points de base en août à 228 points de base en septembre. Il est ensuite redescendu à 189 points de base en octobre, favorisant toujours les prêts bancaires. En octobre, pour se financer sur les marchés, les entreprises payaient en moyenne 4,39 % de taux d’intérêt, contre 2,5 % pour les prêts bancaires.
Gestion de trésorerie : reconstituer les stocks
Dans le cas des PME et des ETI, l’augmentation du recours au crédit est également réelle mais moins spectaculaire. En effet, elles ont un accès plus limité au marché. Elle est de 5,7 % pour les PME et de 6,6 % pour les ETI.
Les entreprises ont choisi les crédits de trésorerie (+11,1 %). Ensuite, elles ont fait le choix des crédits d’équipement (+10,5 %) en termes de catégories de besoins. Les stocks sont financés par des prêts de trésorerie. Et, après des mois de problèmes d’approvisionnement, les professionnels ont profité d’une pause pour les remplacer.
Pour François Mouriaux, cela indique que les entreprises cherchent à protéger leurs lignes d’approvisionnement. « Elles augmentent le niveau de leurs stocks pour se prémunir de nouvelles difficultés éventuelles », déclare-t-il.
Toutefois, si l’économie française s’affaiblit, l’accès aux prêts pour les entreprises pourrait devenir de plus en plus difficile. Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a mis en garde vers la fin du mois d’octobre contre le risque d’un « durcissement des conditions de financement ». Selon un récent rapport d’EY, les prêts aux entreprises en France devraient baisser de 2,5 % en 2023. Ce qui représente la première baisse en 14 ans.
L’Équipe NGF
Budget prévisionnel 2023 : comment tenir compte de la crise énergétique ?
Une bonne partie des entreprises dont les contrats d’énergie devaient être renouvelés en 2023 ne l’ont pas encore renouvelé. Certaines ont fait le choix d’acheter sur le marché spots et ne sont pas encore couvertes pour 2023. Dans un tel contexte d’instabilité et d’incertitude, comment les directions financières de ces entreprises établissent-elles leurs prévisions pour 2023 ?
Un impact et des conséquences inévitables pour toutes les entreprises
Budget prévisionnel 2023 : l’augmentation des prix de l’énergie
Sans avoir toutes les cartes en main, notamment celle cruciale de l’énergie, Xavier Cruchet a dû établir son budget prévisionnel 2023. En effet, le directeur financier d’Ingredia doit faire face à de nombreuses incertitudes sur la question énergétique. Si le sujet n’étais pas un enjeu stratégique auparavant il est devenu l’une des préoccupations principales de l’entreprise. Les impacts de l’énergie sur les coûts de production sont, en effet, devenus si importants « que nous devions mener une vraie stratégie de pilotage de cette question et prendre des décisions ». En outre, il souligne que malgré la complexité du sujet, une attention particulière est accordée par les directeurs financiers à la question de l’achat d’énergie.
La coopérative avait dépensé 8 millions d’euros pour le gaz, l’électricité et la chaudière à biomasse en 2021. Et 16 millions d’euros en 2022. Pour 2023, Xavier Cruchet prévoit 33 millions d’euros dans la case « énergie » de son tableau budgétaire. Cela représente environ 8 % du chiffre d’affaires de la société.
Une situation difficilement contrôlable
La société utilise une combinaison d’achats spot et de contrats Arenh pour acheter son électricité. Ainsi, le contrat Arenh doit couvrir environ 60% de la consommation de l’entreprise en 2023. En outre, l’entreprise n’attendra pas une éventuelle baisse du marché pour acquérir le reste de son électricité pour 2023. De ce fait, elle préfère acheter dès lors le reste de ses besoins aux tarifs actuels afin de pouvoir annoncer des prix de vente à ses clients pour au moins le premier semestre. En prenant cette décision, la coopérative entend éviter « la mauvaise expérience de l’année dernière ».
Quel prix réel pour les entreprises ?
À plus petite échelle, Gregory Piegay, responsable administratif et financier de Sève, une chocolaterie-pâtisserie lyonnaise, jongle avec son prochain budget. L’entreprise a une dizaine de contrats de fourniture d’énergie. Deux d’entre eux sont critiques et arriveront à échéance au milieu de l’année 2023. La PME craint les conséquences d’une erreur si elle recourt à un fournisseur alternatif.
Résultat, Grégoire Piegay préfère surévaluer son budget énergétique pour 2023 à 250 000 € contre 100 000€ cette année. Un choix pour protéger l’activité. Cependant, un choix ne permettant pas l’investissement dans de nouvelles machines.
Objectif 2023 : anticiper l’achat d’énergie
Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie, a déclaré qu’à la mi-novembre 2022, seule la moitié des entreprises françaises qui avaient des contrats à renouveler pour 2023 l’avaient fait.
Constat partagé par Anthony Dal Moro, PDG de la société de courtage en énergie Alliance des Énergies. Il met fortement en garde contre cette situation. Le spécialiste s’interroge et conseille aux DAF de « prévoir un X4 par rapport à leur dernier contrat. ». Un conseil à associer à la mise en place de contrats techniques avec l’aide d’experts pour les très gros consommateurs d’énergie. Il ajoute, « des contrats complexes, mais permettant une meilleure efficacité économique ».
Franck Duthel, expert en intelligence énergétique commerciale chez Horizon Énergie Conseil, contribue à ce rapport. Les prix ne reviendront pas à ceux d’avant Covid. Il préconise l’anticipation et la veille avec l’aide de professionnels.
Budget prévisionnel 2023 : repenser sa politique budgétaire
Il devient vital pour toutes entreprises de réévaluer sa stratégie budgétaire face à la fluctuation des coûts de l’énergie. C’est en tout cas ce que révèle l’étude annuelle de la DFCG et de PwC sur les objectifs des directions financières en 2023. Cette étude révèle que 82 % des DAFs prévoient de faire évoluer leur approche budgétaire.
Dans cet environnement flou, le président de la DFCG reconnaît de nombreux leviers potentiels pour améliorer leurs prévisions. Tout d’abord, le rolling forecast qui, dans certaines entreprises, autorise une évolution mensuelle et permet d’intégrer de nouvelles variables. La deuxième solution consiste à donner à la direction et aux parties prenantes un éventail de scénarios, du plus négatif au plus positif. L’avantage de choisir cette stratégie est de sensibiliser immédiatement aux risques de la hausse des prix de l’énergie. L’analyse prédictive est le troisième outil cité par cette étude pour modifier leur stratégie budgétaire en fonction de l’incertitude.
Enfin, l’approche conventionnelle : « On refait tout et on recommence le budget lorsque de nouvelles données arrivent ». Une stratégie classique, mais qui prend du temps.
L’ ÉQUIPE NOVANCES GESTION FINANCES
La réglementation verte : défis et rôle du DAF
La réglementation verte amène les entreprises à évoluer. Elle les oblige à prendre une décision stratégique quant à l’adaptation ou au changement de leur modèle commercial. La finance jouera un rôle dans la mise en œuvre de ce nouveau business model. Les directions des pôles développement durable, acquisition et marketing y contribueront aussi.
Les enjeux du développement durable
Plusieurs normes, telles que la Taxonomie Verte, la NFRD et la CSRD, applicables aux grandes entreprises, ont été introduites au cours des années 2020 afin d’encourager les comportements à long terme. Ces nouvelles réglementations concerneront des dizaines de milliers d’entreprises françaises d’ici 2027. L’objectif est de définir un ensemble de règles plus complet et inclusif, mais aussi plus restrictif et technique. Les dirigeants ont quelques mois pour se préparer à la diffusion de ces nouvelles pratiques au sein de leur organisation et face à leurs parties prenantes. Cela pourra s’apparenter à une tâche insurmontable pour certains, une aventure palpitante pour d’autres. Dans tous les cas, le chef d’entreprise aura plus que jamais besoin de l’ensemble des services de son entreprise pour opérer ces changements.
Adapter ou changer de modèle économique : telle est la question.
Dans le cadre de sa stratégie d’allocation des fonds européens, l’Europe a fixé cinq objectifs pour la période 2021-2027. L’un d’entre eux est lié au développement durable. La priorité est une Europe plus verte avec zéro émission de carbone (la réduction des émissions de carbone de 55 % d’ici 2030 et neutralité carbone d’ici 2050). Ainsi, l’Europe met en œuvre l’Accord de Paris et investit dans sa transition énergétique, les énergies renouvelables et la lutte contre le changement climatique.
Ces changements vont impacter l’ensemble des agents économiques qui devront se mobiliser (gouvernements, citoyens, organisations privées et publiques).
Nous allons regarder plus précisément la situation des entreprises sur le sujet en 2022. A aujourd’hui, deux types d’entreprises coexistent : celles qui ont une raison d’être et un modèle économique stable à long terme, et toutes les autres !
- Les reportings extra-financiers sont à priori simples à mettre en place pour les premières dites « durables ».
- Quant aux secondes, celles qui sont « sur la voie de la durabilité », elles sont en phase avec les attentes des normalisateurs ainsi que des investisseurs par le biais du DPEF. Elles rendent compte de leur stratégie RSE, qu’elles utilisent au quotidien pour introduire la durabilité dans leurs activités. Ces efforts sont louables, mais ils ne seront pas assez importants dans les cinq prochaines années. En effet, les critères européens listés par l’EFRAG permettent d’afficher un CA, des OPEX et des CAPEX alignés sur la Taxonomie verte européenne.
La réglementation verte au cœur des activités de l’entreprise
L’Europe appelle à agir et à changer des pratiques souvent polluantes pour notre environnement. A long terme, l’objectif principal pour une entreprise sera de prioriser son management sur la définition de sa stratégie. Il s’agit de travailler sur sa raison d’être, de lister les personnes qui seront les moteurs de l’entreprise pour déployer cette nouvelle stratégie. Il faudra aussi adapter sa production et ses processus. Le moment est venu de revoir fondamentalement les produits et services du marché. De plus, pour mener à bien ce processus il conviendra de s’appuyer sur le pôle finance de l’entreprise. L’aspect financier de ce projet pourra être structuré et synthétisé dans un business model canvas.
Définir son modèle économique et son évolution annuelle est une décision cruciale pour son entreprise. Tout DAF détermine régulièrement ses objectifs de croissance, de rentabilité, de financement et de retour sur investissement. Il sera alors nécessaire de compléter cette vision par :
- la double matrice qui examine à la fois l’impact des risques ESG sur l’entreprise et l’impact de l’entreprise sur l’environnement ;
- un plan d’action détaillé pour rester sur la bonne voie et atteindre l’objectif stratégique ;
- des outils pour évaluer l’état de l’environnement en 2022 et mesurer les effets positifs obtenus.
Aucune transformation n’est possible sans action concrète. Dès lors, le DAF peut endosser le rôle de chef d’orchestre en faisant participer ses équipes et son écosystème, en utilisant le Business Model Canvas comme guide. Il devra faire face à de nombreux défis. Trois d’entre eux ont été identifiés à court terme.
Le premier défi consiste à créer un langage commun avec les autres fonctions de soutien
Une éducation formelle est nécessaire. Comprendre et appliquer les normes financières fait partie des responsabilités des financiers. Le DAF doit se familiariser avec l’analyse du cycle de production afin d’identifier les indicateurs de durabilité et être capable de collaborer avec les ingénieurs.
En conséquence, le financier jouera un rôle pédagogique par rapport aux métiers et aux autres fonctions de support (marketing, achats, informatique, développement à long terme). Il gagnera en légitimité dans la coordination des tâches de reporting et le pilotage (via son business model canvas) de la démarche de neutralisation des externalités négatives et d’augmentation des externalités positives.
Second défi de la réglementation verte : mobiliser son écosystème
Le business model canvas est composé de cinq éléments :
- le segment client,
- la proposition de valeur et les principales activités,
- les canaux de distribution,
- les ressources et les partenaires clés,
- les revenus anticipés et la structure des coûts.
Chacun de ses piliers fait référence à un partenaire différent de l’écosystème : les clients, les partenaires logistiques (acteurs clés de la mobilité), les fournisseurs et sous-traitants, et les investisseurs.
Habituellement, la décarbonisation d’une activité commence par les « Achats », car ils constituent un levier pour les managers, facilement utilisable compte tenu de la position de force du fournisseur. Pour être précis, trois actions sont désormais la norme :
- le déploiement d’une politique d’achat responsable,
- le renforcement de la sécurité de la chaîne d’approvisionnement,
- la sélection de fournisseurs déjà Green et le respect strict des engagements pris lors des audits.
Avec les clients, la mission semble plus difficile. Il faut s’interroger sur les besoins des utilisateurs, innover, transformer le produit ou le service « polluant » (contradiction) en un business viable (opportunité). Il faut ensuite convaincre le marché. Les ingénieurs qui travaillent avec les services commerciaux et marketing s’efforcent quotidiennement de tracer une voie à long terme. Cependant, la fonction Finance peut remettre en cause leur vision.
Afin de ne pas limiter la fonction du DAF, il est important de mobiliser les fonctions support et de s’interroger sur la corrélation entre leurs actions quotidiennes, la cible définie, et les impacts financiers et non financiers.
Le troisième défi consiste à proscrire le greenwashing extra-financier
Le DAF doit donc être au courant des initiatives en cours et les traduire dans les budgets et les rapports extra-financiers. Il s’agit de répondre à trois enjeux majeurs : pérenniser les investissements, défendre la performance des activités jugées non durables, et convaincre de la pérennité des activités durables.
La communication sera donc cruciale si l’on évite de « verdir » les activités polluantes. Deux règles doivent être suivies pour éviter le greenwashing. La première consiste à utiliser des indicateurs facilement traçables via des organisations tierces. En effet, les agences de notation ou les technologies de « nouvelle génération » telles que la blockchain sont des outils indispensables. La seconde est de justifier l’évolution de ces indicateurs de manière régulière, période par période, afin de démontrer une performance extra-financière cohérente avec la stratégie RSE annoncée.
Sans aucun doute, le futur pourra servir les financiers s’ils font partie de la transformation et saisissent toutes les opportunités et contraintes pour contribuer à la réduction des émissions de carbone.
L’Equipe Novances Gestion Finances
Contrôleurs de gestion 4.0 : les évolutions analytiques
Quelle valeur les technologies de Business Intelligence et d’Analytique (BI&A) apportent-elles aux contrôleurs de gestion ? Comment peuvent-ils capitaliser sur ces avancées technologiques pour donner plus de crédibilité à leur rôle de partenaire commercial ?
Un contexte mouvant et de nouvelles exigences analytiques pour les contrôleurs de gestion
Le marché de la Business Intelligence & Analytics (BI&A)
L’étude
-
de les aider à mieux planifier,
-
de prendre des décisions plus rapidement,
-
voire à les prévoir.
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fabrication,
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distribution,
-
commerce de détail,
-
services.
Le BI&A simplifie grandement les missions des contrôleurs de gestion
Consolidation des données
Une grande majorité des effets de facilitateurs du BI&A (80 % des références de codage) sont observés, principalement au niveau de l’aide à la décision managériale. Le BI&A renforce :
- la collaboration avec les opérationnels,
- la visibilité des données,
- l’efficacité opérationnelle des processus de contrôle.
On constate que le rôle de business partner – animateur, conseiller et anticipateur – est beaucoup plus influencé par la BI&A (62% des références de codage) que le rôle d’expert en gestion des données, en reporting et en planification (38%). Ainsi, le contrôleur de gestion se positionne comme l’expert qui peut aider ses collègues en jouant le rôle d’une interface capable de traduire les plans financiers et commerciaux de part sa connaissance du terrain.
Gain de légitimité du contrôleur
En effet, la BI&A lui procure une forte légitimité en devenant moteur dans les propositions et analyses commerciales. Le contrôleur de gestion n’est plus observé uniquement comme celui qui produit des chiffres et des rapports. La BI&A va lui offrir une meilleure compréhension des besoins de ses clients afin de leur proposer les bons produits et services. Il pourra aussi améliorer la gestion des stocks, les coûts et les marges, et aussi répartir l’allocation des ressources par projet. Le contrôleur de gestion se positionne ainsi comme la référence en entreprise pour certains managers. Il devient le valideur des business plans ou des analyses de rentabilité d’une offre pour ses collègues.
Quelques limites mais peu de contraintes
Des freins au niveau de la collaboration
La BI&A affiche également certaines limites (20% des références de codage), en particulier au niveau de la collaboration entre managers et contrôleurs, qui constitue la limite la plus courante. La difficulté d’avoir une réponse de l’utilisateur directement à travers l’outil limite par exemple son interactivité. La facilité d’accès continu à l’information peut donner l’impression que la quantité d’information disponible est suffisante, mais elle n’est pas toujours bien ciblée et analysée.
Une meilleure souplesse technique
Concernant la partie technique, la grande souplesse du système pour naviguer parmi les données peut amener le contrôleur de gestion à augmenter de manière significative le temps passé sur la fiabilisation de la qualité de ces données.
Malgré l’importance qu’offre cette technologie aux contrôleurs de gestion dans l’entreprise, elle ne représente qu’un paramètre parmi bien d’autres. Nous trouvons aussi des éléments primordiaux pour une entreprise comme :
- la culture des données de l’organisation,
- la volonté de transformation et de gestion du changement,
- les processus internes,
- les compétences et les préférences des contrôleurs de gestion.
Il existe de nouvelles possibilités d’évolution dans l’analyse
Interactivité parfois limitée avec les opérationnels
Les contrôleurs ont une maîtrise encore faible des techniques analytiques avancées. Des incompréhensions subsistent. Elles concernent les techniques combinant la BI avec l’intelligence artificielle ou le big data. La BI&A a très peu d’impact sur leurs activités d’anticipation pour la réalisation de prévisionnels et de simulations de scénarios (seulement 10% des références de codage).
Les prévisions
Quelles sont les futures évolutions technologiques? Basyn (2019) se base sur les prévisions de Gartner pour décrire l’analytique augmentée comme étant la prochaine révolution dans l’analyse des données. Cette révolution va mêler des techniques d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle. Enfin, il met aussi en avant l’intelligence continue, qui utilise les données du contexte en temps réel pour améliorer les décisions.
En conclusion, nous pouvons donc nous demander ce que nous réserve l’avenir en terme d’analytique et d’utilisation des big data par les contrôleurs de gestion.
L’Equipe Novances Gestion Finances
| Client A, 3 factures | 14,2 k€ |
| Client B, 1 facture | 8,9 k€ |
| Client C, 2 factures | 6,1 k€ |
Une page, quatre chiffres, une décision
- 1Votre trésorerie réelleCe qui est vraiment disponible, pas le solde bancaire du jour.
- 2Ce que vos clients vous doiventLe délai de paiement suivi chaque mois, avec la liste des retards à relancer en priorité.
- 3Où vous allezLe réel comparé à la prévision : vous voyez venir les tensions plutôt que de les subir.
Présenté et commenté chaque mois par votre DAF NGF, en 30 minutes.
| Relancer les 3 plus gros retards clients avant S5 | + 62 k€ |
| Décaler l'échéance d'un fournisseur de 15 jours | + 28 k€ |
| Reporter l'achat de matériel en S9 | + 35 k€ |
Voir la tension arriver trois mois avant
- 1Semaine par semaineVos encaissements et vos décaissements prévus, mis à jour à chaque point mensuel.
- 2Le point bas repéréLe moment où la trésorerie passe sous votre seuil de sécurité, et de combien.
- 3Les actions chiffréesCe qu'il faut faire, et quand, pour passer le cap sans découvert.
Vous arrivez chez votre banquier avec des chiffres, pas avec une inquiétude.
| Levier | Gain estimé | Priorité | Mois 1 à 6 |
|---|---|---|---|
| Relance structurée des factures clients | 120 à 160 k€ | 1 | |
| Délais fournisseurs alignés sur les usages | 60 à 80 k€ | 1 | |
| Renégociation assurances, télécoms, énergie | 18 à 25 k€ / an | 2 | |
| Mise en concurrence de 2 fournisseurs matières | 14 à 20 k€ / an | 2 | |
| Automatisation des rapprochements bancaires | 6 h / semaine | 3 |
Ce que vous avez en main à la fin des 2 jours
- 1Les gains, chiffrésUne fourchette réaliste par levier, calculée sur vos propres chiffres.
- 2L'ordre des actionsCe qui rapporte vite d'abord, avec un calendrier sur six mois.
- 3Un document à vousVous le gardez et pouvez le suivre avec vos équipes, que vous continuiez avec NGF ou non.
Exemples illustratifs : les chiffres présentés sont fictifs.